La sélection de nouvelles races et variétés, soit de manière naturelle soit en utilisant les nouvelles techniques de la biologie, permet d’augmenter la production agricole animale et végétale… Cette démarche entraine une disparition des races et espèces anciennes qui sont moins rentables…
Les travaux publiés dans Science (voir 10.1126/science.z1h1rob https://www.science.org/content/article/gold-mine-century-old-wheat-varieties-could-help-breeders-restore-long-lost-traits ) sont un bel exemple de l’intérêt majeur des efforts de conservation des races et variétés anciennes…
Il y a tout juste 100 ans, une collection de graines de blé a été initiée par des scientifiques qui pensaient « à long terme » sans doute un peu plus que leurs collègues de l’époque… (merci à Monsieur Arthur Ernest Watkins qui devait peut être passer pour un doux dingue à l’époque !!)…
La récolte de graines s’est poursuivie chaque année sauf pendant la seconde guerre mondiale…
Le travail actuel a consisté en l’analyse de la séquence ADN de 827 variétés anciennes en comparaison de 208 variétés actuelles… la conclusion est que les variétés anciennes contiennent deux fois plus de diversité génétique que les modernes, ce qui est logique non !!!
Le fait le plus important est que des gènes de résistance au stress, à des maladies, au manque d’eau ou à l’utilisation optimale de l’azote ont été identifiés, sans oublier l’identification d’un gène appelé Pm4, qui confère une résistance à la pyriculariose du blé, maladie fongique en développement rapide sans traitement actuel…
Ces études confirment ce que nous savons déjà sans vraiment utiliser ce savoir… le passé est utile au présent et au futur et regarder uniquement vers l’avant est associé à des risques qui peuvent devenir rédhibitoires…
J’avoue que l’histoire en général était loin d’être une priorité pour l’élève puis l’étudiant que j’étais… seul un biochimiste m’avait passionné en expliquant à un amphithéâtre d’auditeurs endormis par le sujet les liens qui existent entre le passé et le présent dans les sciences biologiques…
Le modernisme n’a qu’un seul défaut, celui de prendre les « vieux pour des cons » alors que « le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con… » comme l’a si bien dit Monsieur Brassens… alors quand on nous explique « ça c’est bien car c’est moderne… » gardons en tête que cette affirmation est exprimée par les porteurs de ce modernisme et que leur intérêt est de sélectionner leur projet sans trop se soucier des effets à long terme !!!
Ce que j’en dis…




